Le roi de Rome

Paris, 20 mars 1811 Vienne (Autriche), 22 juillet 1832

Marie-Louise portant le roi de Rome à Napoléon Ier pendant le repas de l’Empereur
Huile sur toile, par Alexandre Menjaud (Salon de 1812)
Château de Fontainebleau
© RMN (Château de Fontainebleau) / Daniel Arnaudet
 

Le 20 mars 1811, les Parisiens sont réveillés par cent un coups de canon tirés des Invalides. Le fils de l’empereur Napoléon, Napoléon François Charles Joseph est né. Il sera le roi de Rome, ville qui, dans l’esprit de son père, était la deuxième de l’Empire.

 

La naissance d’un héritier était attendue par Napoléon comme la clé de voûte des institutions qu’il avait bâties à partir de 1804 : une monarchie impériale.

 

Mais son épouse Joséphine ne parvenait pas à lui apporter cet enfant. Après bien des hésitations Napoléon se résolut à répudier celle qui avait été la bonne étoile de sa prodigieuse carrière.

 

Après avoir d’abord porté son choix sur la sœur cadette de l’empereur de Russie, il s’est décidé pour Marie-Louise, la fille de François Ier d’Autriche. L’ancien général de la République était ainsi devenu le mari de la petite-nièce de la reine de France, Marie-Antoinette. Il parlera désormais de son oncle, le roi !

 

Napoléon fut un père attendri, affable et patient, prenant plaisir à jouer avec son fils pendant les instants de liberté que lui laisse le gouvernement de la France.

 

L’enfant vient d’avoir trois ans quand il voit son père pour la -dernière fois, aux Tuileries, le 24 janvier 1814. Le 4 avril 1814, Napoléon acculé par la défaite, rédige un acte d’abdication réservant les droits de son fils. Mais, dès le 6 avril, il doit renoncer à la couronne pour lui et sa descendance. Aussi, le règne du roi de Rome, Napoléon II, dura-t-il deux jours. L’un des plus courts des monarques français ! Il y eut même une nouvelle tentative après la bataille de Waterloo et la deuxième abdication de 1815. La création d’une nouvelle monarchie se révélait impossible. C’était le glas de l’Empire.

 

Après la première abdication, l’impératrice Marie-Louise se réfugia avec son fils chez son père, l’empereur François Ier à Vienne, où l’enfant vivra désormais.

 

L’éducation du fils de Napoléon sera dès lors assurée par son grand-père maternel. En juillet 1818, il sera fait duc de Reichstadt. On gardera l’image d’un jeune homme bien élevé et romantique. Il mourra de tuberculose, sans alliance ni postérité, à l’âge de 21 ans, le 22 juillet 1832 à Vienne, où il reposera dans la crypte des Capucins auprès des archiducs d’Autriche.

 

Le 15 décembre 1940, ses cendres seront transférées aux Invalides, cent ans jour pour jour après le glorieux transfert des cendres de Napoléon Ier, sur les ordres d’un Adolf Hitler qui pensait ainsi plaire à l’opinion publique française. Le transfert se fit dans le froid et dans l’indifférence générale.

 

Le destin de l’Aiglon – surnom que donne Victor Hugo en 1852 au duc de Reichstadt – sera popularisé en France par la pièce L’Aiglon d’Edmond Rostand, rôle créé en 1900 par la grande tragédienne Sarah Bernhardt.
Charles Napoléon

 

Charles Napoléon