Toussaint Louverture

Saint-Dominique vers 1743 - Fort de Joux (doubs), 7 avril 1803

Toussaint Louverture © Rue des Archives

Né vers 1743, Toussaint Louverture fut affranchi en 1776 après avoir été successivement commandeur, cocher et surveillant de la plantation Bréda dans la colonie française de Saint-Domingue. Après le soulèvement d’esclaves d’août 1791, il servit sous les ordres de Biassou, un des chefs de l’insurrection, apparaissant comme son secrétaire, son aide-de-camp puis son second. Il avait appris à lire et à écrire maladroitement. Il choisit ensuite de se battre aux côtés des Français après l’abolition de l’esclavage de février 1794. La Convention l’éleva, le 23 juillet 1795, au grade de général de brigade. Général de division le 17 août 1796, il devint gouverneur de la colonie et promulgua en 1801 une constitution qui lui permit de préciser ses options autonomistes. Promu gouverneur à vie, à la tête d’une armée de quarante mille hommes environ, entouré de ses lieutenants favoris Dessalines et Christophe, il décida, la même année, d’unifier l’île sous son autorité en occupant la partie espagnole.

 

Afin de rétablir la domination coloniale française et de maintenir le régime de l’esclavage selon la législation antérieure à 1789, Napoléon Bonaparte envoya, en 1801, deux forces expéditionnaires, l’une à Saint-Domingue, l’autre en Guadeloupe. L’arrivée des troupes à Saint-Domingue, placées sous les ordres du général V.-E. Leclerc, provoqua une guerre totale dans l’île où Toussaint Louverture et ses hommes avaient l’avantage du terrain.

 

On l’arrêta par traîtrise le 7 juin 1802. Il fut envoyé immédiatement en France sur le bâtiment le Héros avec sa femme Suzanne et leurs enfants. Un décret du Premier consul du 23 juillet 1802 stipula de l’enfermer au fort de Joux (Doubs) et de le mettre au secret. Le pouvoir central refusa un procès, laissant Toussaint croupir en prison où il subit un régime pénitentiaire qui l’anéantit. On le trouva mort le 7 avril 1803 dans sa cellule. Il fut inhumé dans l’enceinte du fort. Après la mort de Leclerc le 2 novembre 1802, son successeur Rochambeau fut vaincu sur le terrain militaire et, le 1 er janvier 1804, Haïti proclamait son indépendance.

 

Oruno D. Lara
directeur du Centre de recherches Caraïbes-Amériques