Autres anniversaires signalés
Proposer, chaque année, une liste de « célébrations nationales » oblige à faire des choix, souvent difficiles, afin de mettre l’accent sur les faits majeurs propres à éclairer la réflexion contemporaine et sur des personnalités, des oeuvres, des événements, qui paraissent devoir être mis particulièrement en valeur comme les repères d’une mémoire nationale. Mais d’autres anniversaires, dont la notoriété n’est pas forcément moindre, ont aussi, pour certains d’entre nous, une valeur affective, pour tous une portée éducative. Cette rubrique en signale quelques-uns, qui font incontestablement partie de notre culture, de notre histoire et de notre patrimoine.
Les notices de cette rubrique ont pour auteurs Charles-Louis Foulon et Arlette Grimot qui ont été aidés ponctuellement par Jean-Denis Bredin (Bernard Lazare) et Danièle Neirinck (la Clairon).
Vie politique et institutions
Bernard de Clairvaux
Château de Fontaine (Fontaine-lès-Dijon), 1090 - Clairvaux, 20 août 1153
À 22 ans, Bernard, issu d’une famille aristocratique de Bourgogne, rejoint le monastère de Cîteaux après avoir reçu une bonne instruction. L’austérité de cette maison, où Étienne Harding applique dans toute sa rigueur la règle bénédictine, l’attire. En 1115, l’abbé lui demande de fonder une filiale à Clairvaux, dont il sera l’abbé jusqu’à sa mort, et dont le rayonnement est si vif que des fondations établies selon les mêmes conceptions essaiment à travers toute l’Europe. Répudiant le luxe comme un vol fait aux pauvres, et l’artificiel comme une offense à Dieu, les édifices inscrivent dans la pierre un idéal spirituel de pauvreté, de silence et de prière. Conçues pour permettre à la communauté de fonctionner en autarcie, elles ne sont néanmoins pas synonymes de repli sur soi. L’auréole de sainteté de Bernard de Clairvaux fait de lui le conseiller des prélats et des princes de toute l’Europe et le gardien de la doctrine cistercienne. Sa correspondance aborde tous les sujets politiques et religieux du temps. Il s’efforce d’amener la société féodale à plus de justice et d’en adoucir les moeurs. Son message civilisateur fondamental est selon dom Loys Samson : « la véritable affirmation de soi est dans le don de soi"
Première prise de Constantinople
17 juillet 1203
Le 17 juillet 1203, Constantinople tombe aux mains des chrétiens d’Occident. Vantée par les uns, vilipendée par les autres, elle est « une ville florissante et les marchands y viennent du monde entier ». Carrefour stratégique du monde, héritière de la civilisation gréco-latine, elle porte l’empreinte de l’Orient et de l’Islam. Pour les Croisés, c’est l’éblouissement : « En toute chose, Constantinople dépasse la mesure » (Eudes de Deuil).Venus mettre sur le trône de l’empire d’Orient un prétendant dont ne veulent pas les intéressés, mais qui a su les convaincre par des promesses d’aide matérielle et de réunion des Églises romaine et grecque, ils ont vu dans leurs premiers succès les signes de la faveur divine. Cette expédition a une influence décisive sur la culture occidentale. Le raffinement, le goût du luxe, vont s’étendre aux cours royales et seigneuriales. L’Italie renoue avec la tradition de la mosaïque ; les peintres, tel Cimabue, adaptent l’icône au goût latin et inaugurent un nouvel art du portrait.
Retour des Jésuites ; fondation du collège de La Flèche
Septembre 1603
Renvoyés de France en 1594, les membres de la Compagnie de Jésus - fondée en 1540 - sont autorisés à y rétablir leurs treize collèges. Henri IV, par lettres patentes, leur permet d’en créer un quatorzième à La Flèche, sur la suggestion de Guillaume Fouquet de la Varenne, lieutenant-général du Roi en Anjou. En 1604, parmi les cent internes de la première promotion d’un millier d’élèves, on compte René Descartes qui y reste jusqu’en 1612 et écrira en 1641 « qu’il n’y a pas lieu au monde où la philosophie s’enseigne mieux ». Conforté par l’édit de Fontainebleau du 18 mai 1607, le collège prospère avec 33 professeurs qui enseignent en latin 500 élèves de première noblesse, fils de ducs, marquis et comtes ; son église recueille le coeur du Roi en 1610 cependant que trois anciens élèves accèdent à la dignité de Maréchal de France en 1632, 1642 et 1675.
Décret fixant les devoirs de la Gendarmerie
20 mai 1903
Si la loi du 28 germinal an VI est toujours considérée comme la charte fondamentale de la Gendarmerie parce qu’elle a destiné ce corps, héritier de la Maréchaussée, « au maintien de l’ordre et à l’exécution des lois dans la République », le décret du 20 mai 1903 -modifié en 1958 et 1970- demeure l’instrument de travail des 80 000 gendarmes en activité, fixant leurs interventions en police judiciaire, leurs droits et devoirs et leurs rapports avec les autorités. Tenue de référer aussi bien à l’autorité administrative qu’aux autorités judiciaire et militaire, la gendarmerie se voit préciser, dès l’article 1 du décret, qu’une « surveillance continue et répressive constitue l’essence de son service ». Mais, dans l’article 330, le gouvernement Combes rappelait que « tout acte de la gendarmerie qui trouble les citoyens dans l’exercice de leur liberté individuelle est un abus de pouvoir
Littérature et sciences humaines
Mort de Thibaud IV de Champagne
1201 - 10 juillet 1253
Petit-fils de la poétesse Marie de Champagne, Thibaud IV, à la tête d’un quasi-état indépendant du domaine royal, prend part aux troubles qui agitent la régence de Blanche de Castille et à la VIème croisade. Il poursuit le processus d’unification des coutumes, crée des communautés de serfs affranchis d’où naîtront des villes nouvelles, instaure les « jours de Troyes » comme instance de justice d’appel, émet une monnaie stable qui fait référence même au-delà de la Champagne, et s’appuie sur la situation géographique privilégiée de la province pour faire des foires créées par Thibaud II le Grand vers 1145 des hauts lieux du commerce international. Organisées selon un calendrier en forme « d’horlogerie à répétition » (F. Braudel), elles assurent la prospérité de la région. Lagny-sur-Marne, Bar-sur-Aube, Provins et Troyes en conservent la trace. Cette administration éclairée permet à Thibaud IV de tenir une cour brillante où il est apprécié pour son talent de poète, qui lui vaut le surnom de « Thibaud le Chansonnier».
Guy Coquille
Decize, 11 novembre 1550 - Nevers, 11 mars 1603
Guy Coquille fut historien et l’un des premiers juristes de son temps, ardent défenseur de la monarchie absolue et des libertés gallicanes auxquelles il consacra un traité en 1594. Né à Decize dans une famille noble depuis 1396, brièvement avocat à Paris en 1550, député du Tiers État aux états généraux d’Orléans (1560), premier échevin de Nevers en 1568, procureur général fiscal de sa province en 1571, à nouveau député du Tiers à Blois (1576 et 1588), G. Coquille fit paraître, en 1590, son Commentaire sur la coutume du pays et du duché du Nivernais puis, en 1595, une Histoire du Nivernais et son Institution du droit des Français, remarquable commentaire du droit coutumier. Cet adversaire de la Ligue fut surtout, avec Jean Bodin, le légiste de l’absolutisme royal : « le Roy est le chef et les trois ordres sont les membres ; et tous ensemble font le corps politique et mystique dont la liaison est inséparable
Charles de Marguetel de Saint-Denis, seigneur de Saint-Évremond
Saint-Denis-le Guast (près de Coutances), 1614 - Londres, 1703
Admiré par Sainte-Beuve qui voyait en lui un « Montaigne adouci », il choisit de se distinguer par la plume, estimant, malgré une carrière militaire brillamment entamée, que « savoir simplement tuer les gens... c’est exceller dans un art bien funeste ». Remarqué dans l’entourage de Fouquet, sa disgrâce entraîne la sienne. Il s’exile en Hollande, puis en Angleterre, où la cour le reçoit fort bien. Il entame alors la vaste correspondance qui lui vaut sa célébrité, entre autres avec Ninon de Lenclos, choix qui reflète sa culture et sa liberté d’esprit. Il se fait également connaître par des oeuvres de circonstance, des ouvrages d’histoire et de critique littéraire. Lié avec Hobbes et Hortense Mancini, nièce de Mazarin elle aussi installée en Angleterre, il ne donne pas suite à l’autorisation de rentrer en France accordée par Louis XIV en 1689 et, le 20 septembre 1703, il meurt à Londres où il a l’honneur d’être inhumé dans l’abbaye de Westminster.
Grimm commence à rédiger la Correspondance littéraire adressée à un souverain d’Allemagne
1753
Le français étant alors la langue universelle, cet Allemand doit son intronisation dans l’intelligentsia parisienne à une boutade de Voltaire : « De quoi s’avise donc ce Bohémien, d’avoir plus d’esprit que nous ? » En 1753, il est engagé par l’abbé Raynal pour rédiger la Correspondance littéraire... avec la collaboration occasionnelle des Encyclopédistes. Poursuivie pendant 37 années, cette correspondance porte essentiellement sur la vie culturelle, mais s’aventure parfois dans les domaines des sciences et de la politique. Publiée pour la 1ère fois en 1812, elle fera partie des ouvrages favoris de Sainte-Beuve. Aussi éloignée de la correspondance de cour d’une Mme de Sévigné que des échanges où se révèle la personnalité de leurs auteurs (Gide-Claudel ; Jacques Rivière-Alain Fournier...), où se construisent des oeuvres scientifiques ou philosophiques (Descartes, Spinoza...), celle de Grimm reflète le scepticisme distancé, la sagesse éclairée de l’homme d’esprit du XVIIIe siècle.
Jean-François Delharpe ou de la Harpe, dit de La Harpe
Paris, 20 novembre 1739 - 11 février 1803
Entré en littérature comme en un combat par une critique de Fontenelle, La Harpe ne rencontre pas, dans ses premiers travaux,recueils de vers et tragédies, le succès escompté. Un séjour auprès de Voltaire à Ferney lui dévoile sa vocation et, en 1768, il entame au Mercure une collaboration de quelque vingt ans comme critique littéraire, genre où il ne ménage personne. Très soutenu par les uns (Voltaire, d’Alembert, Malesherbes...), vivement combattu par les autres (le maréchal de Richelieu...). L’Académie française le reçoit avec réticence en 1776. Enfin, en 1786, il trouve sa véritable voie et ouvre rue Saint-Honoré un cours de littérature des plus suivis pour son style aisé, son goût sûr, sa connaissance approfondie des auteurs du XVIIe siècle, qu’il comprend comme le faisaient leurs contemporains. Sainte-Beuve verra en lui « un professeur pur, lucide, animé ». Ses cours, publiés sous le titre Le Lycée (1787-1799), lui ont valu une célébrité durable
Bernard Lazare
Nîmes, 14 juin 1865 - Paris, 2 septembre 1903
Journaliste, critique, érudit, historien, romancier, anarchiste mais toujours inclassable, auteur en 1894 de L’antisémitisme, son histoire et ses causes, il fut le premier écrivain qui se mobilisa, dès 1895, pour défendre le capitaine Dreyfus, le premier, dira Jaurès, à « avoir pressenti et affirmé la vérité ». Il se battit avec passion aux côtés de la famille Dreyfus, contre l’injustice et la raison d’État. Puis il s’effaça quand les dreyfusards devinrent nombreux et purent se faire entendre. Mais le déferlement de l’antisémitisme l’amena à rejoindre le combat pour la reconstitution de la nation juive, aux côtés de Theodor Herzl. Leurs conceptions sociales les éloigneront peu à peu. Bernard Lazare poursuivra un combat solitaire, parcourant l’Europe de ghetto en ghetto, s’acharnant à aider les Juifs souffrants. Épuisé par un effrayant surmenage du corps et de l’esprit, dévoré par la maladie, il mourut le 2 septembre 1903, sans avoir pu achever son dernier livre Le fumier de Job, « l’oeuvre à laquelle je travaille depuis de si longues années, qui sera la fleur de mon esprit, ma chair et mon sang ». Bernard Lazare avait trente-huit ans. Il n’avait jamais attendu ni victoires, ni honneurs, ni gloire, obstinément resté du côté des vaincus. Charles Péguy, son cher ami de la dernière année, décrira dans Notre Jeunesse ce que fut l’enterrement de Bernard Lazare, la « petite troupe » de ceux qui vinrent suivre le corbillard des pauvres : « il était pour tous ces misérables, pour tous ces persécutés, un éclair encore, un rallumage du flambeau qui éternellement ne s’éteindra point..."
Vladimir Jankélévitch
Bourges, 31 août 1903 - Paris, 6 juin 1985
Philosophe et musicologue, Vladimir Jankélévitch, réticent à l’égard des systèmes, plus proche de Kierkegaard et de Bergson que des structuralistes ou des existentialistes, se montre avant tout préoccupé de morale, comme en témoigne sa thèse annexe, « Valeur et signification de la mauvaise conscience » (1933, date symptomatique), annonciatrice du Traité des Vertus (1949), « éthique de la volonté agissante ». Des ouvrages tels que Le Mensonge (1943), le Mal (1947), Le Je-ne-sais-quoi et le presque rien (1957), La Mort (1966) expriment son inquiétude devant les marges où se joue l’humanité. Hanté par l’horreur nazie, l’essentiel de sa réflexion analyse le scandale de l’oubli, prôné par ceux « pour qui le passé ne fut jamais un présent », l’ambiguïté du pardon, devant « [une] agonie qui durera jusqu’à la fin du monde ». Se sentant comme en exil dans la société, il a répondu aux engagements que lui commandait sa conscience sans jamais s’embrigader dans aucun parti.
Jean Tardieu
Saint-Germain-de-Joux,
1er novembre 1953 - Créteil, 27 janvier 1995
Fils d’une musicienne et d’un peintre, Jean Tardieu naît dans l’Ain, à Saint-Germainde- Joux. Après des études de lettres, ce gai pessimiste publie de premiers poèmes dès 1927, dans la Nouvelle Revue Française éditions Gallimard ; c’est là que l’essentiel de son oeuvre paraîtra. Dramaturge pour la radio, directeur des programmes de France-Musique, il publie des écrits sur l’art et anime un club d’essai sur le langage, Entre sens et non-sens. Grand prix de poésie de l’Académie Française, grand prix national des Lettres, Jean Tardieu est mort à Créteil en 1995. Dès 1998, un colloque de Cerisy a salué l’explorateur du « corps physique des mots ». Il fut aussi un résistant ; c’est à ce titre qu’il se chargea du dernier message en mémoire de Vercors, déclarant en 1992 qu’ils se rejoindraient bientôt dans le passage sans fin de l’éphémère.
Le livre de poche en librairie
9 février 1953
En France, la vente de livres à prix modique, tentée entre les deux guerres (les livres à 6 francs, soit 40 % au-dessous des normes) ne connaît le succès qu’à partir du lancement hebdomadaire de livres à fort tirage et prix bas, au format de poche, édités par la librairie générale française, filiale de Hachette. En moins de 20 ans, plus de 2 000 titres suivent les trois premiers livres. 30 millions de volumes sont imprimés chaque année par Brodard et Taupin. Si José Corti et Jérôme Lindon rejettent cette formule, 86 éditeurs sont séduits par cette possibilité d’atteindre de nouveaux lecteurs, à 71 % des moins de 34 ans en 1969 (dont 54 % des jeunes entre 15 et 19 ans). Elle ouvre largement l’accès à la littérature pour tous les publics. Le pari gagnant de Henri Filipacchi et Guy Schoëller, relayés par Bernard de Fallois, a débouché sur un succès global des livres au format de poche ; ils représentent deux tiers des ventes en littérature et un tiers de la production éditoriale en volume. Grâce à plus de 400 collections dont 10x18, Folio et Points, près de 22 000 titres de plus de 10 000 auteurs sont disponibles en poche.
Les débuts de Lectures pour tous
23 octobre 1953
Si le premier système de télévision est lancé par Georges Mandel dès le 17 avril 1935, l’organisation des programmes se développe plus tard. Le premier journal télévisé est produit le 29 juin 1949. La vie des animaux est diffusée pour la première fois en décembre 1952 avant les débuts, en 1953, de La séquence du spectateur où les extraits des films demandés par le public auront une exceptionnelle longévité. Dans le cadre de cette télévision thématique apparaît, le 27 mars 1953, Avez-vous lu ? devenu à l’automne Lectures pour tous. Pierre Dumayet et Pierre Desgraupes et les chroniqueurs Nicole Védrès et Max-Pol Fouchet mettent en scène de nombreux auteurs, imaginant même des entretiens avec des disparus. Pendant l’explosion du nombre de téléviseurs (59 971 en 1953, 683 229 en 1957 et 9 millions en 1968), un vaste public suit près de 700 diffusions jusqu’au 15 mai 1968. Leur succès sera sans équivalent avant Ouvrez les guillemets, l’émission de Bernard Pivot ancêtre d’Apostrophes, commencée le 2 avril 1973.
Premier numéro de L’Express
16 mai 1953
Conçu comme « un organe de combat destiné à porter au pouvoir Pierre Mendès France », L’Express est lancé le 16 mai 1953 ; estimant que la France peut supporter la vérité, le futur président du Conseil y affirme que c’est « sur la vigueur économique que l’on fait une grande Nation ». Journal d’opinion publié sur 12 pages, l’hebdomadaire est dirigé par le polytechnicien Jean-Jacques Servan-Schreiber et Françoise Giroud, ex-directrice de la rédaction de Elle. Ils rythment ce journal d’opinion. Mais c’est le bloc-notes de François Mauriac, publié à partir du 14 novembre 1953, qui donnera le ton aux partisans d’une évolution libérale de l’Algérie au nom d’une double résolution : « pas de séparation avec le peuple algérien, restitution dans tous les ordres de ce qui lui est dû ». Beckett, Camus, Lacan, Malraux, Sartre écriront aussi dans L’Express. Éditoriaux et témoignages hostiles au « maintien de l’ordre colonial » contribueront à la saisie de nombreux numéros ; en avril 1958, L’Express publiera l’appel contre les pratiques de torture signé de Camus, Malraux, Martin du Gard et Mauriac. En 1964, l’hebdomadaire deviendra un magazine, à l’image du Time américain. Cette évolution réussie, préfigurée en 1958 par le sondage sur La Nouvelle Vague des jeunes, sera consacrée par des tirages atteignant 500 000 exemplaires. Mais, en 1974, le titre sera vendu par J.J.S.S., alors ministre des Réformes, désireux de se consacrer à la politique comme député puis président du parti radical.
Arts
Arcangelo Corelli
Fusignano (près de Ravenne), 17 février 1653 - Rome, 18 janvier 1713
Né à Fusignano, près de Ravenne, le violoniste et compositeur Corelli fit carrière à Rome où il s’installa dès 1671 et où il fut inhumé au Panthéon en 1713. S’il fit peut-être un bref séjour à Paris au temps de Lully, c’est comme maître de chapelle dans l’église romaine de Saint-Louis-des-Français qu’il se rendit célèbre en 1682,
avant de diriger les orchestres privés des cardinaux Pamphili et Ottoboni. Il fit connaître dans l’Europe entière l’école italienne de violon ; à travers ses soixante sonates d’église ou de chambre et surtout les mélodies de ses douze concerti grossi, il manifesta la perfection de la musique instrumentale italienne avant le développement des musiques symphoniques. Couperin le pasticha dès 1692 ; son opera quinta connut plus de trente rééditions au XVIIIe siècle et on reconnaît son influence sur Bach, Haëndel et Vivaldi.
Sébastien de Brossard publie le Dictionnaire de musique
1703
Chanoine et maître de musique des cathédrales de Strasbourg et de Meaux, c’est comme théoricien plus que comme compositeur que la postérité a retenu son nom. Passionné d’écriture musicale, il publie en 1703 son Dictionnaire de musique, enfin abouti après un essai inclus dans son recueil de motets (1695), et dédié à Bossuet. Premier ouvrage de ce type publié en français, il comporte des entrées aussi bien biographiques que lexicographiques situées dans une perspective historique. Malgré des lacunes que lui-même ne niait pas, Rousseau lui a fait plusieurs emprunts pour son propre dictionnaire. Outre cette étape décisive de l’analyse musicale française, on doit à Sébastien de Brossard une ample bibliothèque cédée à Louis XIV contre une pension et désormais conservée à la Bibliothèque nationale de France, comme sa collection d’oeuvres allemandes des prédécesseurs de Bach et Haendel.
Louis XV charge Joseph Vernet de peindre la série des « Ports »
Octobre 1753
Après quelques décennies d’éclipse, Louis XV, grâce à Choiseul, renoue avec la politique maritime de Colbert : augmentation du nombre des navires, installation de nouveaux arsenaux et création de l’Académie de Marine. La commande passée à son initiative en 1753 par le marquis de Marigny à Joseph Vernet, fraîchement rentré de l’Académie de France à Rome, connu pour sa passion de la mer et ses qualités de paysagiste, en est un signe précurseur. Cette commande, destinée à promouvoir la marine française, concernait six ports sur la Méditerranée et douze sur l’Océan. Les circonstances, des rapports parfois houleux entre le marquis et l’artiste, ramenèrent l’ensemble à quinze toiles. À cette série exceptionnelle, l’historien d’art Lagrange rend un hommage à sa mesure : « Oeuvre aussi remarquable par l’exactitude des lieux que par le sentiment du pittoresque, par l’intelligence de l’ensemble que par la multiplicité des détails... où le génie du peintre a su réunir... la précision d’un document officiel à la dignité d’une oeuvre d’art ».
Jean Ignace Isidore Gérard, dit Grandville
Nancy, 15 septembre 1803 - Vanves, 17 mars 1847
Dessinateur satirique, hostile à la Monarchie de Juillet, il est d’abord remarqué pour ses caricatures publiées dans la Caricature et le Charivari. Après les lois le 1835 sur la presse, il se consacre à l’illustration, où il utilise l’anthropomorphisme. Un sens aigu de la psychologie allusive, un vif intérêt pour le rêve et le fantastique, déterminent sa prédilection pour les « hybrides », figures fantasmatiques aux frontières incertainesde l’humain, du minéral et du végétal. Callot et Goya sont ses maîtres. Il illustre les Fables de La Fontaine dans l’édition Fournier et Perrotin de 1838, les Voyages de Gulliver, de Swift (1838), les Scènes de la Vie privée et publique des animaux, de Balza (1842). Pour son goût du fantastique, son intérêt pour le rêve et son art de la transposition, les surréalistes ont vu en lui un précurseur.
Claire-Joseph-Hippolyte Legris de Latude, dite Melle Clairon
Saint-Wanon de Condé (Flandre), 1723 - Paris, 31 janvier 1803
Une des deux ou trois plus grandes actrices du XVIIIe siècle. La première, à avoir tenté d’« exprimer » les sentiments humains, de rompre avec la déclamation, de donner plus de vérité à ses rôles, de se servir de son corps en scène, en se levant, s’asseyant, etc. Elle émeut Paris pendant treize ans à compter de 1743, une fois entrée à la Comédie française. Un incident entre comédiens met fin à sa carrière dramatique. En 1773, elle est invitée par le margrave à la cour d’Anspach-Bayreuth. Elle y reste dix-sept ans et dirige de fait la principauté. Elle revient à Paris en 1791 et fait paraître ses Mémoires en 1799. Sa vie errante, faite de hauts et de bas, est caractéristique des comédiens et des intellectuels du XVIIIe siècle.
Jean-Baptiste Claude Sené
Paris, 1748 - 10 février 1803
Issu d’une lignée d’ébénistes parisiens, Jean-Baptiste Sené est reçu maître en 1769, à une époque où l’élégance impose de renouveler fréquemment son mobilier, en même temps qu’elle multiplie les variations possibles sur un même meuble. Il s’établit rue de Cléry à l’enseigne du Gros Chapelet, et devient à partir de 1785 fournisseur du Garde-meuble royal. Ses meubles aux lignes pures, à l’ornementation souvent inspirée de l’antique après l’engouement suscité par la découverte de Pompéi, comptent parmi les plus raffinés du style Louis XVI. Oeuvrant pour la reine, la famille royale, la princesse de Lamballe, la duchesse de Polignac, certaines de ses plus belles réalisations sont parvenues jusqu’à nous, dont le lit de Marie- Antoinette que l’on admire au château de Fontainebleau. La République sut elle aussi apprécier son talent et Jean-Baptiste Sené exerça avec succès jusqu’à sa mort.
Léon Vaudoyer
Paris, 7 juin 1803 - 10 février 1872
Maillon d’une dynastie d’architectes active pendant près de deux siècles, Léon Vaudoyer, pensionnaire de l’Académie de France à Rome de 1827 à 1832, s’y lie avec Henri Labrouste, futur architecte de la bibliothèque Sainte-Geneviève et de la bibliothèque nationale, et se confronte à la richesse de l’architecture italienne. Proche des milieux réformistes, il fait sa devise d’une phrase de son ami Fortoul, « L’architecture est la véritable écriture des peuples ». Nommé en 1838 architecte du Conservatoire national des arts et métiers, dans le cadre de la rénovation du Marais, il considère comme une opportunité le défi de faire d’un bâtiment médiéval un musée de l’industrie, manifestation de l’espoir d’un accomplissement progressif de l’humanité à travers ses inventions. Son nom reste par ailleurs attaché à la cathédrale de Marseille, ville que le Princeprésident tenait à se concilier. Intéressé par le sujet dès 1845, Vaudoyer, en 1852, peut en quelques semaines soumettre le projet, qui incarne sa conviction de l’unité culturelle du bassin méditerranéen et célèbre la grandeur retrouvée de la cité des Phocéens
Vernissage du premier Salon d’automne
31 octobre 1903
C’est en réaction aux choix de la société nationale des Beaux-Arts qu’apparut, à l’initiative du Belge Franz Jourdain, le Salon d’automne où s’alignèrent 990 envois. Bonnard, Marquet, Matisse, Villon y furent distingués. Dès 1904, le Salon se déroula au Grand Palais ; on y comptait 62 oeuvres d’Odilon Redon, 35 d’Auguste Renoir et 33 de Paul Cézanne. En 1905, le surgissement des Fauves suscitait l’irritation des critiques. Toutefois, c’est au Salon des artistes indépendants, créé en 1884 et soutenu par la ville de Paris que l’on devait voir, en 1911, la première exposition des Cubistes. En 1922, l’administrateur de la manufacture des Gobelins Guillaume Jeanneau saluait l’action bienfaisante du Salon d’automne : « ouvert à toutes les formules (et n’ayant de soucis que) de toute marque d’émotion véridique ». En 1925, le Salon s’affirma comme l’organe de la tendance dite art déco. Depuis la Deuxième Guerre mondiale, il a accueilli aussi bien Picasso que des membres de l’Académie des Beaux-Arts comme Paul Belmondo, Bernard Buffet et Yves Brayer qui en fut le vice-président.
Nadar installe son premier atelier à Paris
1853
Lorsqu’en 1853 Nadar ouvre son premier atelier de photographie à Paris, Napoléon III vient de charger Haussmann de moderniser la ville. L’adresse choisie, 113, rue Saint-Lazare, s’inscrit dans l’évolution socio-mondaine induite par cette entreprise. Patronné par un comité artistique auquel Delacroix a donné son aval, l’atelier accueille les personnalités « de gauche » avec lesquelles Nadar s’est lié quand il exerçait ses talents de caricaturiste pour le Charivari ou Le Journal pour rire : Proudhon, Daumier, Gautier, George Sand, Courbet,... posent pour les portraits qui constitueront le Panthéon Nadar, reflet de la « République des lettres » où il s’est attaché à saisir « la ressemblance intime de ses modèles », comme dans le Baudelaire intime qu’il consacre au poète, marqué par un travail magistral sur le regard et la lumière, option qui le distingue de beaucoup de ses confrères, surtout préoccupés de mise en scène et de décor ; le succès de son entreprise le conduira à ouvrir en 1861 un « palais de cristal » 35, boulevard des Capucines.
André Messager
Montluçon, 30 décembre 1853 - Paris, 24 février 1929
Élève de Saint-Saëns et de Fauré, qui dira de lui : « Avoir osé n’être qu’exquis... Avoir osé sourire, alors que l’on ne s’applique qu’à pleurer, c’est là une audace bien curieuse pour ce temps », André Messager évolua, au fil de rencontres telle celle de Sacha Guitry et d’Yvonne Printemps, de l’opérette (Les P’tites Michu, 1897, Véronique, 1898), vers une forme plus proche de l’opéra-comique (Fortunio, 1907; L’Amour masqué, 1923). Les critiques louent « une musique lumineuse, qui frissonne, avec un orchestre qui pétille comme un champagne sec ». Comme chef d’orchestre, à la tête de formations prestigieuses, il discerna la valeur des grandes oeuvres de son temps. En 1902, il crée à l’Opéra-Comique le Pelléas et Mélisande de Debussy, puis la Tétralogie de Wagner à l’Opéra de Paris, qu’il dirige de 1908 à 1914. En 1924, cet acteur rayonnant de la vie musicale fait découvrir les Ballets russes de Diaghilev.
Augusta Holmès
Paris, 16 décembre 1847 - 28 janvier 1903
En 1889, c’est à cette Britannique de naissance, française par choix, que la Ville de Paris commande L’Ode triomphale qui marque le 1er centenaire de la Révolution. Cette oeuvre monumentale (1 200 interprètes, les grandes voix de l’époque) reçoit un accueil enthousiaste. Célébrée pour sa voix, respectée comme compositrice par Saint-Saëns et Liszt, reconnue comme chef d’orchestre par Édouard Colonne, sa réputation dépasse les frontières. Florence lui commande un Hymne à la paix pour le 600e centenaire de la mort de la Béatrice de Dante, et Chicago également une oeuvre en 1892. Elle compose jusqu’à sa mort des opéras : La Montagne noire, Marie Stuart, et des mélodies comparées à celles de Schubert. Son style ressemble à l’audace de sa vie privée et son flamboiement a pu irriter le goût des amateurs qui se détachaient de Wagner pour se reconnaître dans les subtilités de Debussy ou de Fauré, d’où le relatif oubli qui la frappe. Mais Léon Daudet glorifiait son « originalité d’Océanide, de fille véhémente de l’air et de l’eau ».
Hugo Wolf
Gradec, 13 mars 1860 - Vienne, 22 février 1903
Virtuose du violon, du piano et de l’orgue, grand maître du lied dans la tradition de Schubert et Schumann, admirateur de Wagner, il compose en moins de deux ans, entre 1888 et 1890, quelque 200 lieder sur des vers de Goethe et de Mörike, ou sur des poèmes italiens et espagnols, y trouvant la forme musicale la mieux adaptée à son tempérament instable. Après un silence de cinq années, il retrouve l’inspiration pour écrire son unique opéra, Le Corregidor, et composer de nouveaux airs, notamment sur des poèmes de Michel-Ange. Son écriture très personnelle lui permet de concilier le respect de l’oeuvre littéraire et l’invention de la ligne mélodique, en explorant les ultimes ressources de l’émancipation tonale inaugurée par Wagner. La tension intérieure de ses périodes de fécondité devait briser un équilibre psychologique fragile, mais pas avant qu’il ait transcrit son drame intime en d’admirables chants qui comptent parmi les sommets du genre.
Francis Picabia
Paris, 22 janvier 1879 - 30 novembre
1953
Si la notoriété posthume de Francis Picabia tient en partie au fait qu’il passe pour avoir peint, en 1908-1909, la première toile abstraite, Caoutchouc, ce poète fut célèbre très tôt comme peintre mondain. Né dans une famille aisée, il se constitua une fortune personnelle en réalisant des centaines de toiles popularisant l’approche impressionniste. Après son mariage avec la musicienne Gabrielle Buffet, il décida de déstructurer l’espace peint ; en ce domaine aussi, il rencontra le succès, dès 1913 à New York. Auteur surréaliste il a publié, entre 1914 et 1920, Cinquante-deux Miroirs, Pensées sans langage et Unique Eunuque. Lié au mouvement Dada, éditeur de la revue 391 entre 1917 et 1924, il vécut 20 ans sur la Côte d’Azur, peignant monstres et transparences de 1923 à 1937. Après guerre, Hartung et Soulages fréquentèrent son atelier parisien.
Sciences et techniques
Émile Roux
Confolens, 17 décembre 1853 - Paris, 3 novembre 1933
Recommandé à Pasteur par un de ses anciens professeurs comme assistant dans ses travaux sur les maladies microbiennes, il est remarqué pour ses articles sur la maladie du charbon, et soutient en 1883 sa thèse de doctorat : « Des nouvelles acquisitions sur la rage », puis combat le choléra en Égypte. De retour en France en 1883, il assume les doubles responsabilités de hercheur et d’administrateur car il coordonne le projet de construction de l’Institut Pasteur tout en y ouvrant un cours de microbiologie et en publiant avec Yersin
trois mémoires sur la diphtérie. Sousdirecteur de l’Institut Pasteur de 1896 à 1904, il poursuit ses recherches sur le tétanos, la tuberculose, la péripneumonie et la syphilis. Directeur de cet institut de 1904 à 1933, il cesse toute recherche personnelle mais crée pendant la 1ère Guerre mondiale les laboratoires d’armée. À sa mort, il reçoit des obsèques nationales célébrées le 9 novembre 1933.
L’inauguration du barrage de Tignes
4 juillet 1953
Le 4 juillet 1953, Vincent Auriol, président de la République, inaugurait le barrage de Tignes en saluant cette « image du génie humain », « symbole aussi des sacrifices douloureux que l’intérêt général commande parfois ». Cette journée marquait la fin du combat des habitants qui s’étaient élevés contre le décret du 15 mai 1946 déclarant d’utilité publique cet aménagement. Après une dernière classe et l’exhumation des morts en mars 1952, l’achèvement du plus haut des 150 grands barrages d’EDF témoignait de la réussite du plan d’équipements hydroélectriques conçus pour fournir 50% de l’électricité du pays. Avec les retombées fiscales de la houille blanche, l’exploitation de l’or blanc a permis que Tignes s’équipe. Le village natal du champion du monde de ski free ride est bien vivant ; il a accueilli deux fois l’équipe de France de football avant les coupes du monde 1998 et 2002. Le développement économique du nouveau Tignes donne sa réalité au voeu de Vincent Auriol : on y réentend les cloches, appelant « les vivants heureux à la grande fête de la concorde humaine ».
Première greffe de rein réussie en France
janvier 1953
Moins de trois ans après la première greffe de rein sur un homme effectuée aux États- Unis par le docteur R.H. Lawler, Jean Hamburger annonce à l’hôpital Necker, la première survie prolongée d’un jeune charpentier - Marius Renard - receveur, le 25 décembre 1952, d’un rein de sa mère. Élu à l’Académie Française en 1985, Jean Hamburger, professeur de clinique néphrologique de 1958 à 1982, dirigea un laboratoire de recherches sur le rein et l’immunologie des greffes. Au fil des ans, des greffes entre personnes non apparentées ont été rendues possibles grâce au progrès des traitements anti-rejet, développés notamment par le professeur Dausset, prix Nobel en 1980. Les greffes de reins ont permis les progrès à la suite desquels furent expérimentées des greffes du foie (1964), du coeur (1967) ; de blocs coeur-poumons, coeur-foie, coeurpancréas, reins-pancréas. Pour ces greffes par blocs, la plus longue survie est actuellement à quinze ans alors que, pour la greffe de reins, on a atteint 33 ans et qu’on dénombre 85% de succès dans ce type d’opérations.
À la demande de M. Michel Lécureur, président de la société des amis de Marcel Aymé, nous insérons l’échange de correspondances auquel la mention consacrée à cet auteur dans la brochure des Célébrations nationales 2002 a donné lieu :
Lettre de M. Lécureur (16 décembre 2001) :
Mes amis et moi-même avons été profondément choqués par la lecture de la page 128 de votre publication Célébrations nationales 2002. Le terme de «compromissions» constitue, en effet, une diffamation. Il désigne un «acte par lequel on transigeavec sa conscience » (dictionnaire Le Robert) et ne peut s’appliquer à Marcel Aymédont le nom n’a même pas figuré sur les listes noires de l’épuration et dont aucun article publié pendant l’occupation n’a représenté une atteinte à l’honnêteté intellectuelle.
Réponse de la direction des archives de France, délégation aux célébrations nationales (21 décembre 2001) :
La mention réservée à Marcel Aymé dans la brochure Célébrations nationales 2002 m’a, pour ma part, paru fort mesurée. Envoyer des contributions, même idéologiquement neutres, à des organes de presse comme Je suis partout ou Chronique de Paris - ce dont se font par ailleurs l’écho les histoires de la littérature les mieux documentées -, leur apporte une caution dont d’autres auteurs se sont abstenus ... Signaler l’importance d’une oeuvre n’implique pas d’en encenser l’auteur, au risque de porter à tenir pour négligeables certaines attitudes au minimum regrettables.
2nde lettre de M. Lécureur (30 décembre 2001) :
Comme vous, je persiste et signe en vous confirmant combien je suis scandalisé par le fait que vous ayez utilisé une publication officielle du Ministère de la Culture pour faire état de votre opinion si subjective, à propos de l’attitude de Marcel Aymé pendant l’Occupation. D’autre part, je suis choqué de votre critique à son sujet alors que ses contemporains, je vous le répète, ne l’ont pas inscrit sur les listes noires et qu’un cinéaste comme Louis Daquin, membre du PC et responsable du réseau Libé-Nord, comprenait parfaitement sa position (cf. Marcel Aymé, un honnête homme, Les Belles Lettres. 1997) ...


