Autres anniversaires signalés
Proposer, chaque année, une liste de « célébrations nationales » oblige à faire des choix, souvent difficiles, afin de mettre l’accent sur les faits majeurs propres à éclairer la réflexion contemporaine et sur des personnalités, des oeuvres, des événements, qui paraissent devoir être mis particulièrement en valeur comme les repères d’une mémoire nationale. Mais d’autres anniversaires, dont la notoriété n’est pas forcément moindre, ont aussi, pour certains d’entre nous, une valeur affective, pour tous une portée éducative. Cette rubrique en signale quelques-uns, qui font incontestablement partie de notre culture, de notre histoire et de notre patrimoine.
Les notices de cette rubrique ont pour auteurs Arlette Grimot, Patrick Micaud aidés ponctuellement par Danièle Neirinck.
Vie politique et institutions
Philippe 1er
?, 23 mai 1052 – Melun, 29 juillet 1108
Fils d’Henri I et d’Anne de Kiev à qui il doit son prénom byzantin, Philippe 1er devint roi de France à l’âge de 8 ans ; il est le quatrième roi de la dynastie des Capétiens. Son long règne fut marqué par l’affirmation de la puissance royale aux dépens des grands féodaux, le renforcement de l’administration royale pour assurer de meilleurs revenus à la Couronne et surtout par la reconquête d’une part importante du domaine royal : une partie du Vermandois et le Gâtinais en 1068, le Vexin français en 1077, la vicomté de Bourges en 1101. Mais en 1066, son principal vassal le duc de Normandie conquiert l’Angleterre et y devient roi sous le nom de Guillaume le Conquérant. Se sentant menacé, Philippe I s’allie avec les comtes d’Anjou et de Flandre ainsi qu’avec le propre fils aîné de Guillaume, Robert Courteheuse.Excommunié en 1094 après avoir répudié son épouse Berthe de Hollande et avoir épousé Bertrade de Montfort, Philippe I ne put participer à la première Croisade prêchée en France, en 1095, par le pape Urbain II.
Marguerite de Bourgogne
?, 1249 – Tonnerre, 4 septembre 1308
Née en 1249, fille d’Eudes de Bourgogne et de Mathilde de Bourbon, Marguerite de Bourgogne reçut la riche seigneurie de Tonnerre après le décès de sa mère en 1262. En 1268, elle épousa Charles d’Anjou, frère du roi de France Louis IX, prince ambitieux qui avait conquis les royaumes de Naples, de Sicile et de Jérusalem. À la mort de son époux en 1285, sans enfant, Marguerite de Bourgogne quitte la cour de Naples et se retire sur ses terres de Tonnerre pour consacrer le reste de sa vie à aider les pauvres et les malades. En 1293, elle décide de faire construire dans la ville de Tonnerre un hospice où les pauvres pourraient être accueillis, habillés, nourris et soignés. Le bâtiment terminé prit le nom d’hospice des Fontenilles, fut largement doté et organisé selon une règle qui fut appliquée jusqu’à la Révolution. Marguerite de Bourgogne décida d’habiter elle-même l’hospice afin d’être plus proche des malades et de pouvoir mieux les soigner. Elle mourut en 1308 et fut inhumée dans le choeur de l’église de l’hospice.
François de Montmorency-Laval
Montigny-sur-Avre, 30 avril 1623 - Québec, 6 mai 1708
Formé au collège de La Flèche (1), il renonce à son droit d’aînesse pour répondre à sa vocation religieuse. Ordonné prêtre le 1er mai 1647, il est en 1658 nommé vicaire apostolique de la Nouvelle-France, dont il devient le 1er évêque dès la création du diocèse (1674). Ce mystique est aussi un homme d’action. À Québec, il fonde en 1663 un grand séminaire qu’il affilie aux Missions étrangères, puis en 1668 un petit séminaire qui évolue pour dispenser des cours de lettres, de sciences humaines et assurer une formation dans des domaines tels que la menuiserie ou l’ébénisterie. Ce souci d’instruction est couronné en 1691 par l’ouverture d’une classe destinée aux jeunes garçons de la basse ville de Québec et par sa participation, en 1693, à une école de filles.
Parallèlement, il lutte contre le trafic d’alcool qui ronge les communautés indiennes et entreprend de périlleux voyages pour exercer son ministère auprès de ses ouailles, qui vantent sa bonté et sa générosité. Gouverneur provisoire de la Nouvelle France dans l’été 1663 puis du printemps à l’automne 1682, son nom a été donné à une ville du Canada, à l’université Laval et à l’hôpital Laval à Québec. Jean-Paul II le béatifie en 1980.
Création de la noblesse d’Empire en 1808
Décret du 1er mars 1808 portant création des titres impériaux
Après avoir institué la Légion d’honneur en 1802(2), donné le titre de Prince français et le prédicat d’Altesse impériale aux membres de sa famille en 1804, Napoléon décida en 1808 d’enraciner le régime impérial en créant une nouvelle noblesse, caste intermédiaire chargée de garantir la pérennité de la nouvelle dynastie. Seuls cinq titres impériaux sont retenus : prince, duc, comte et chevalier, ceux de marquis et de baron ne sont pas repris. Ils découlent en principe d’une fonction, les grands dignitaires de l’Empire reçoivent le titre de prince, les ministres, les sénateurs, conseillers d’État et membres du corps législatif celui de comte, les présidents de collèges électoraux, les maires des grandes villes et les plus hauts magistrats celui de baron, enfin tous les membres de la Légion d’honneur sont chevaliers. Ces titres ne sont pas héréditaires mais conférés à vie. Une exception est cependant prévue : l’attribution peut être suivie de lettres patentes autorisant la transmission du titre d’aîné en aîné si le titulaire justifie d’un haut niveau de revenus produits dans le cadre d’un majorat. Les questions relatives aux titres relevaient de la compétence d’un Conseil du Sceau recréé à cette occasion.
Installation du Prytanée national à La Flèche – Transfert
à Saint-Cyr de l’École spéciale militaire de Fontainebleau
24 mars – 15 juin 1808
La Maison royale d’éducation de Saint- Louis fondée à Saint-Cyr par Louis XIV sous l’impulsion de Mme de Maintenon pour y instruire gratuitement des jeunes filles pauvres issues de la noblesse avait été fermée en 1792 en raison de son caractère d’établissement religieux pour être transformée en hôpital militaire. Bonaparte, alors 1er Consul, la rapproche en 1800 de sa vocation initiale en y établissant une division du Prytanée français afin d’y instruire les fils de militaires morts au combat. Les élèves préparent l’entrée à l’École militaire spéciale de Fontainebleau, instituée par la loi du 1er mai 1802 et l’arrêté du 28 janvier 1803. Le 24 mars 1808, le Prytanée est transféré par décret à La Flèche dans l’ancien collège des Jésuites, et remplacé à Saint-Cyr par l’École spéciale. Implanté sur le superbe site du collège confié par Henri IV à la compagnie de Jésus (3), l’institution se donne pour mission de rester fidèle à sa vocation première : « instruire la jeunesse et le rendre amoureuse des sciences, de l’honneur et de la vertu, pour être capable de servir au public
Entrevue de Plombières entre Napoléon III et Cavour
21 juillet 1858
Napoléon III échappe de peu, en janvier 1858, à l’attentat à la bombe de Felice Orsini qui lui reproche d’entraver l’unification de son pays. Six mois plus tard l’Empereur est en cure à Plombières. Il invite secrètement Cavour, Premier ministre du royaume de Piémont-Sardaigne. Cette entrevue permet de jeter les bases d’une alliance : la France s’engage à aider le roi Victor-Emmanuel II à élargir son royaume sur toute l’Italie du Nord. En contrepartie, Cavour promet de respecter les États pontificaux et de céder le comté de Nice et la Savoie à la France. La guerre contre l’Autriche a lieu en 1859. Comme prévu, la France s’engage dans le conflit aux côtés des Italiens et les troupes franco-piémontaises remportent les victoires de Magenta et de Solferino. Napoléon III, redoutant que la Prusse intervienne pour aider l’Autriche, met fin au conflit en négociant directement, sans la présence d’un représentant italien, un traité de paix avec l’empereur d’Autriche. Ce traité dispose que le royaume de Piémont-Sardaigne annexera la Lombardie, la Vénétie restant autrichienne. Voyant que les termes de l’accord de Plombières n’ont pas été respectés, Cavour démissionne.
Grèves de Draveil et de Villeneuve-Saint-Georges
2 juin et 30 juillet 1908
Depuis la fin du XIXe siècle de grandes entreprises exploitaient le sable et les cailloux sur les berges de la Seine entre Villeneuve-Saint-Georges et Draveil. Le salaire horaire des ouvriers ayant été abaissé de 50 à 44 centimes, la grève fut déclarée le 1er mai 1908. Le 2 juin au matin, un gendarme escortant un tombereau de sable fut frappé par des grévistes. En riposte, un détachement de gendarmes tira sur des grévistes, tuant deux hommes et en blessant une dizaine. Le conflit s’installe, les troubles se multiplient, la presse de gauche dénonce la « tuerie », le gouvernement est interpellé. La fédération française du bâtiment appelle tous les ouvriers de la région parisienne à un rassemblement fixé au 30 juillet. Cette journée sera marquée par un très
dur affrontement entre 5 000 ouvriers et un escadron de dragons qui, sabre au clair, chargera les manifestants. Des barricades sont élevées et, au soir de cette journée, on comptera 4 morts, plus de 200 blessés chez les manifestants et 69 blessés dans les forces de l’ordre. La brutalité de la répression et de nombreuses arrestations de syndicalistes amenèrent les ouvriers à mettre fin à leur grève en contrepartie d’une hausse du salaire horaire qui passa à 55 centimes
Littérature et sciences humaines
Alphonse Karr
Paris, 24 novembre 1808
Saint-Raphaël, 29 septembre 1890 Malgré de réelles qualités d’homme de lettres, comme en témoignent des romans mêlant imagination, humour et sentimentalité (Sous les tilleuls, 1832 ; Une heure trop tard, 1833 ; …), ainsi que son ouvrage le plus favorablement reçu, Voyage autour de mon jardin (1845), c’est surtout comme pamphlétaire qu’Alphonse Karr reste dans les mémoires, lançant en 1839, année où il devient directeur du Figaro, la revue Les Guêpes, dont le titre est à lui seul éloquent. Sa plume acerbe lui vaut le surnom « d’homme le plus spirituellement mal élevé ». Fidèle d’Étretat, le cadre lui inspire Le chemin le plus court (1837) et lui ouvre la voie du roman populaire. Opposant à Napoléon III, il « s’exile » après le coup d’État de 1851 sur la côte d’Azur où, tout en continuant à écrire romans, poèmes, pièces de théâtre, il réserve une large place à sa seconde passion, l’horticulture, montant en précurseur un commerce de fleurs coupées. Une variété de poire, une autre de bambou sont baptisées Alphonse Karr en hommage à ses talents.
Georges Courteline
Tours, 25 juin 1858 -Paris, 25 juin 1929
Né en 1858, Georges Courteline baigna dans le milieu littéraire et théâtral dès sa jeunesse : son père était en effet un auteur dramatique et un humoriste reconnu. Il effectua son service militaire dans les chasseurs à cheval avant de devenir fonctionnaire au ministère des cultes où il resta 14 ans. Ces deux expériences inspirèrent deux de ses oeuvres les plus connues Les gaietés de l’escadron, description humoristique et critique de la vie militaire parue en 1886, et Messieurs les ronds de cuir, « tableau-roman de la vie de bureau » publié en 1893 où il règle ses comptes avec l’administration en caricaturant avec verve et férocité la vie des fonctionnaires. Jusqu’à sa mort en 1929, la popularité de Georges Courteline fut grande ; toutes ses oeuvres sont marquées par la même verve satirique, la même misogynie, la même critique sociale de la bourgeoisie, la même dénonciation des travers des grandes institutions. Le succès de ses oeuvres justifie que beaucoup d’entre elles aient été adaptées pour le théâtre par l’auteur lui-même, puis par d’autres pour le cinéma.
Premier numéro de la « NouvelleRevue Française »
15 novembre 1908
Au début de 1908, un groupe d’écrivains, dont Eugène Montfort, Charles-Louis Philippe et Henri Ghéon, décida de créer une nouvelle revue littéraire mensuelle. André Gide, Jacques Copeau et Jean Schlumberger se joindront à ce groupe pour préparer le premier numéro qui paraît le 15 novembre 1908. À la suite d’un désaccord entre Eugène Montfort et André Gide, le second numéro de la revue ne paraîtra que le 1er février 1909 (4) sans Montfort. Elle deviendra rapidement une référence incontournable pour la connaissance de la littérature française du XXe siècle et publiera des textes des plus grands écrivains de l’époque, parmi lesquels on ne citera que Romain Rolland, André Suarez, Paul Claudel et Valéry Larbaud.
André Martinet
Saint-Albans-des-Villards, 12 avril 1908 - Châtenay–Malabry, 16 juillet 1999
Parallèlement à une carrière d’enseignant dans des établissements prestigieux (École pratique des hautes études, université de Columbia, Sorbonne, …), André Martinet poursuit ses recherches en linguistique initiées par ses thèses de doctorat : « la gémination consonantique d’origine expressive dans les langues germaniques » et « la phonologie du mot en danois » inaugurant ainsi un parcours qu’il retrace dans son ultime ouvrage, Mémoires d’un linguiste, vivre des langues (1993), qui devait faire de lui le 1er à relever la double articulation qui caractérise le langage humain par opposition aux langages formels. Fondateur de la Société de linguistique fonctionnelle et de la revue La Linguistique, il préside de 1966 à 1999 la Société européenne de linguistique. Signe du retentissement international de ses travaux, son ouvrage le plus connu Éléments de linguistique générale (1960), au été traduit en 17 langues.
Fondation du Prix Médicis
1er avril 1958
Le « Médicis » est l’un des prix littéraires français les plus prestigieux bien qu’il soit relativement récent. C’est en effet le 1er avril 1958 que Gala Barbisan et Jean- Pierre Giraudoux décidèrent de réunir chaque année un jury, à l’automne, pour sélectionner une oeuvre littéraire dont l’auteur débute ou n’a pas encore une notoriété correspondant à son talent. Ce prix se veut différent des autres en récompensant un jeune auteur se distinguant par un style et un ton nouveaux. Le succès immédiat du Prix Médicis justifia que, postérieurement, il soit complété par deux autres prix, le « Médicis étranger », créé en 1970, et le « Médicis essai » créé en 1985.
Arts
Jean Bourdichon – Les Grandes Heures d’Anne de Bretagne
1508
Ce chef-d’oeuvre de l’enluminure illustre admirablement le thème de l’exposition de la BnF « Quand la peinture était dans les livres » (1993). Les Grandes Heures d’Anne de Bretagne renferment près de 50 scènes comparables à des tableaux par le traitement de la perspective et la qualité des paysages ou des personnages, visages et attitudes. Le travail sur la lumière, diurne ou nocturne, est d’une subtilité qui met magistralement en relief l’atmosphère des épisodes représentés. Le calendrier lui-même illustre rituellement « les travaux et les jours » mais s’écarte de la tradition miniaturiste en se superposant sans l’occulter à une illustration pleine page. De leur côté, les marges des pages de texte révèlent un herbier qui constitue un véritable traité de botanique, de quelque 350 plantes représentées au fil des saisons avec leur nom en latin et en français, reflet de l’intérêt de la reine et de l’artiste pour la botanique, peut-être inspiré par saint François de Paule (5) en compagnie de qui l’artiste a pu herboriser.
Début de la construction de la Tour Saint-Jacques
1508
La tour Saint-Jacques, érigée entre 1508 et 1522, constituait à l’origine le clocher de l’église Saint-Jacques-la-Boucherie, construite vers 1060 au coeur de Paris. Elle est aujourd’hui le seul vestige de ce monument alors fort connu car il était le point de départ des nombreux pèlerins du Nord de la France en chemin vers Compostelle. Bâtie sous Louis XII en remplacement de l’ancien clocher, dans un style ancien, le « gothique flamboyant », cette tour était incluse dans la nef. En 1797, l’église fut détruite. Il ne reste que la tour vendue pendant la Révolution à un entrepreneur qui y installa une fabrique. Rachetée par la ville de Paris en 1836, ce n’est qu’en 1858 qu’elle fut mise en valeur dans le cadre de l’aménagement de la nouvelle place du Châtelet. C’est alors que, à sa base, on installa une statue de Blaise Pascal pour rappeler le souvenir des expériences barométriques qu’il y avait menées en 1648. Ce célèbre monument de Paris fait actuellement l’objet d’une importante restauration.
Victor Prouvé
Nancy, 13 août 1858 - Sétif, 15 février 1943
Né en 1858 à Nancy, Victor Prouvé manifeste très tôt un don certain pour le dessin. Il est l’élève de Cabanel à l’École des Beaux-Arts de Paris et débute sa carrière par la peinture. En 1888, il voyage en Tunisie ; la lumière et la force des couleurs qu’il y découvre marquent son style pour lui donner une plus grande force. À son retour à Paris, il retrouve Émile Gallé qu’il avait connu dans sa jeunesse nancéenne ; ce contact, très fructueux, lui permettra, tout en continuant sa carrière de peintre, de diversifier son talent en l’appliquant à d’autres techniques comme l’ébénisterie, la sculpture, l’orfèvrerie et la reliure. Il collaborera ensuite avec Daum et Majorelle, devenant ainsi l’un des plus brillants créateurs d’un nouveau style décoratif, plus tard appelé Art Nouveau. À la mort d’Émile Gallé, il revient à Nancy pour devenir le second président de l’École de Nancy. Victor Prouvé est le père du célèbre architecte et créateur Jean Prouvé.
Ernest Hébert
Grenoble, 3 novembre 1817 - La Tronche, 4 novembre 1908
Fils d’un notaire grenoblois, cousin de Stendhal, Ernest Hébert a consacré toute sa vie à la peinture et son oeuvre est représentative de l’évolution de l’art pictural en France durant la seconde moitié du XIXe siècle. En effet, initié pendant la période tumultueuse des années romantiques, il arriva à l’âge d’homme lorsque le réalisme triomphait, comme en témoigne le succès de son tableau Filles d’Alvito lorsqu’il fut présenté à l’exposition universelle de 1855. Il fut ensuite sensible au courant symboliste et mourut en 1908, un an après le scandale de la présentation à Paris des Demoiselles d’Avignon. Proche de la Princesse Mathilde, Ernest Hébert fut un portraitiste très recherché de la haute société parisienne durant la période du Second Empire et du début de la IIIe République. Il fit deux longs séjours en Italie en qualité de directeur de la Villa Médicis ; il y peignit de nombreux paysages de la campagne romaine. Le musée national Ernest Hébert, situé rue du Cherche-Midi à Paris, sera rénové à l’occasion du centenaire de la mort de l’artiste.
Stéphane Grapelli
Paris, 26 janvier 1908 – 1er décembre 1997
Violoniste emblématique de l’histoire du jazz, Stéphane Grapelli s’est initié à la musique et à la danse auprès de la mythique Isadora Duncan. Engagé en 1934 au Claridge, il rencontre Django Reinhardt (6) ; il fonde avec lui le Quintette du Hot Club de France et ils se produisent ensemble jusqu’en 1950, date à laquelle Django Reinhardt se retire. Stéphane Grapelli commence alors une 2e carrière qui le mène dans les plus célèbres salles du monde entier, de l’Albert Hall de Londres au Carnegie Hall de New York, en passant par l’Olympia ou le festival de Montreux et en composant quelques musiques de films, entre autres pour Bertrand Blier et Louis
Malle. La musicalité et l’élégance de son phrasé lui auront permis de jouer non seulement avec des musiciens de jazz (Claude Bolling, Didier Lockwood, …) mais aussi avec de prestigieux interprètes de la musique classique tel Yehudi Menuhin, ouvrant ainsi la voie à la réconciliation des soeurs rivales.
Victor Vasarely
Pécs (Hongrie), 9 avril 1908 - Paris, 15 mars 1997
Né en 1908 en Hongrie, Victor Vasarely étudie la peinture à Budapest auprès de professeurs fortement influencés par l’École du Bauhaus. Il s’installe à Paris en 1930 et y travaille comme graphiste pour des agences de publicité, il commence à s’intéresser aux déformations des formes, des lignes, des surfaces et des volumes. Ce n’est qu’en 1955 qu’il élabore et développe un modèle très personnel d’art abstrait qui lui assure une renommée mondiale. Ce modèle est totalement nouveau et se distingue par la géométrisation et la déformation des formes et des couleurs. En 1965, il participe à une grande exposition au Musée d’art moderne de New York, il est alors reconnu comme l’inventeur de l’Op Art (art optique), forme nouvelle d’expression artistique qui marqua profondément le goût et la sensibilité de l’époque et qui se déclina sur des supports très divers, notamment en s’intégrant dans des créations architecturales et la mode.
Alain Cuny
Saint-Malo, 12 juillet 1908 - Paris, 16 mai 1994
Unanimement respecté et considéré comme l’un des grands comédiens de la seconde moitié du XXe siècle, Alain Cuny s’est éteint en 1994 sans avoir atteint la notoriété et la popularité qu’il aurait pleinement méritées. Au cinéma, il interpréta de nombreux rôles et il fut choisi par les plus grands réalisateurs, Marcel Carné pour Les Visiteurs du soir, Federico Fellini pour La dolce vita et Le Satyricon, Louis Malle pour Les Amants, Jean-Luc Godard pour Détective, Francesco Rosi pour Le Christ s’est arrêté à Eboli. Paul Claudel dont il était l’ami lui confia la création de certains de ses plus grands rôles pour le théâtre : dès 1944, il est choisi pour interpréter Pierre de Craon dans L’Annonce faite à Marie et, en 1959, c’est encore à lui que l’auteur fit appel pour la création de Tête d’Or mis en scène par Jean-Louis Barrault. Il a été également l’ami d’Antonin Artaud, de Pierre Reverdy, de Nicolas de Staël et de Picasso. Il apporta sur la scène et sur l’écran la même puissance physique, le même mélange de folie et de génie, la même lucidité désespérée qui caractérisent les plus grands artistes.
Jean Yves Daniel-Lesur
Paris, 19 novembre 1908 - Paris, 2 juillet 2002
Né en 1908, Jean Yves Daniel-Lesur a consacré sa longue vie à la musique en la servant de multiples manières. C’est d’abord un grand compositeur, toute son oeuvre musicale est marquée par la même liberté d’inspiration, la même sincérité mélodique et poétique, le même refus de l’académisme et des formalismes systématiques de l’abstraction, la même fidélité aux valeurs spirituelles et humanistes. Compositeur de symphonies et de deux grands opéras, Jean Yves Daniel-Lesur se distingue également par la beauté de ses créations de musique sacrée et chorale ; l’une de ses plus belles oeuvres est le Cantique des Cantiques, pour 12 voix mixtes a capella. Il fut aussi un grand pédagogue à la Schola Cantorum et la qualité de son enseignement suscita de nombreuses vocations. Ce fut aussi un administrateur dynamique et passionné des plus grandes institutions musicales françaises. Dès 1961, il fut nommé conseiller musical de la télévision ; il fut ensuite Inspecteur principal de la musique au ministère des Affaires culturelles avant de devenir, en 1971, administrateur de la Réunion des théâtres lyriques nationaux.
Maurice de Vlaminck
Paris, 4 avril 1876 – Rueil-la-Gadelière (Eure-et-Loir), 10 octobre 1958
Venu à la peinture après un parcours atypique d’amateur et de cycliste, il admire Van Gogh, Cézanne et les arts africains. Il expose au fameux Salon d’Automne (7) de 1905, que les critiques baptiseront « la cage aux fauves » pour le goût de la couleur pure et le dédain de la forme qui s’y manifestent. Vlaminck en creuse les possibilités spatiales et affectives, trouvant dans le « fauvisme » un caractère exacerbé qui correspond à son tempérament robuste et à la fougue de son amour de la nature, qu’illustre l’aspect le plus emblématique de son oeuvre : ses paysages. Son exposition à la galerie Druet, en 1919, consacre son succès. Il quitte néanmoins Paris et ses environs pour l’Eure-et-Loir, tout en y exposant en 1933, ainsi qu’à New York en 1937. Sa fin de carrière est ternie par sa participation au voyage en Allemagne organisé en 1944 par les autorités de Vichy. Ses oeuvres sont présentes dans les plus grands musées : le Cnac Georges- Pompidou et le musée d’Orsay (Paris), le MoMA (New York), l’Art Institute de Chicago, …
Sciences et techniques
Premier vol des frères Wright en France
Le Mans, 8 juin 1908
Si c’est à Kitty Hawk, en Caroline du Nord, que Wilbur et Orville Wright réalisent leurs 1ers vols le 17 décembre 1903, ils ne parviennent toutefois pas à concrétiser aux États-Unis leurs projets commerciaux. En revanche, à l’invitation d’industriels français intéressés par les performances du mythique Flyer, tels Paul Louis Weiller, fondateur de Gnome et Rhône, ou Léon Bollée, constructeur d’automobiles, ils s’installent au Mans en 1908, chargés de former des pilotes et d’effectuer des démonstrations qui se déroulent aux Hunaudières, lieu actuel du circuit automobile. Le 1er vol dure 7 minutes, le 2nd, 4. Assistent notamment à l’événement Louis Barthou, ministre des Travaux publics, Alphonse XIII et Édouard VII. « Ce ne fut pas un succès, ce fut un triomphe » titra Le Figaro. Toutefois, en raison des conditions météorologiques, les frères Wright quittent Le Mans pour Pau fin 1908. En quittant cette ville pour Rome en mars 1909, ils ont formé 3 pilotes et monté la 1re école d’aviation du monde, scellant ainsi l’implantation durable de l’aéronautique dans le sud-ouest de la France.
Premier salon de l’aéronautique
24 – 30 décembre 1908
1908 voit l’aviation esquisser un avenir prometteur : des records de distance et de temps de vol sont battus par les Farman, Delagrange, Wright, … la confiance s’instaure assez pour que d’encore rares audacieux embarquent comme passagers, … Les démonstrations attirent des foules enthousiastes, les modèles se multiplient, monoplans ou biplans, Flyer, Antoinette, … En décembre, c’est le thème transversal du moteur qui permet de présenter au Grand Palais, en sus du 11e Salon de l’automobile et du Salon nautique, une section « réservée aux choses de l’air » dont un rapport publié par la Librairie des sciences aéronautiques. F. Louis Vivien dresse un compte rendu qui souligne l’hommage rendu aux tout premiers pionniers de la conquête de l’air. Dès 1909, à l’initiative d’André Granet et Robert Esnault-Pelterie, et sans autre interruption que celle des guerres, est organisé un Salon entièrement consacré à l’aéronautique, où s’affichent progrès techniques et enjeux stratégiques ou diplomatiques. La manifestation, qui se tient désormais au Bourget, est devenue le grand rendez-vous mondial du secteur.
Création de l’Association française du froid
1908
En octobre 1908, un Congrès mondial du froid se tint à Paris. La création de groupements nationaux chargés de mettre en oeuvre les conclusions de ce congrès y fut préconisée. Le 28 décembre, l’assemblée constitutive de l’Association française du froid réunit des délégués du gouvernement, des parlementaires, ainsi que des représentants des institutions scientifiques, industrielles, agricoles et commerciales intéressées par la question. Le but de l’association est d’étudier les questions relatives à la production et à l’utilisation du froid ainsi que la recherche de technologies susceptibles d’en améliorer la production. L’association est devenue une institution incontournable et a activement contribué, au XXe siècle, aux progrès qui ont marqué le développement de l’utilisation du froid par les différents secteurs de l’industrie, particulièrement l’agro-alimentaire. Pour le futur, l’association est impliquée dans l’élaboration de nouvelles technologies destinées à utiliser le froid pour la protection de l’environnement et du climat.
René Panhard
Paris, 27 mai 1841
La Bourboule, 16 juillet 1908 Dès sa sortie de l’École centrale en 1867, René Panhard débuta sa vie professionnelle en s’associant avec le propriétaire de la société Périn, spécialisée dans la fabrication de scies à ruban destinées à la découpe du bois. Les deux associés inventèrent une nouvelle machine permettant d’adapter leurs machines au découpage des métaux durs. L’affaire se développant rapidement, René Panhard fit appel en 1873 à son ami Émile Levassor pour travailler avec lui sur un projet de moteur destiné au déplacement des véhicules. Après le décès de Monsieur Périn, la société prit le nom de Panhard-Levassor qui fut la première à construire, en 1889, une automobile française à moteur à pétrole. Cette production se développa rapidement, la popularité de la marque étant renforcée par le fait qu’elle remporta presque toutes les courses automobiles jusqu’en 1905. À la mort de René Panhard, en 1908, l’entreprise employait plus de 1 500 ouvriers et exportait ses automobiles dans le monde entier.
1. Voir brochure 2003 p. 161.
2. Voir brochure 2002 p. 33.
3. Voir brochure 2003 p.161.
4. C’est en 2009 que sera célébré le centenaire de la NRF
5. Voir brochure 2007 p. 233.
6. Voir brochure 2003, pp. 127-128.
7. Voir brochure 2005 p. 243


