Abonnez-vous à notre
Lettre d'information

Pascal Paoli

Morosaglia, 8 avril 1725 - Londres, 5 février 1807

Pascal Paoli. Portrait par Sir Thomas Lawrence
huile sur toile
Morosaglia, musée Pascal Paoli
© RMN/droits réservés

Il naît à Morosaglia, petit village du centre-nord de la Corse, le 8 avril 1725. En 1729, l’île se révolte contre la domination génoise. Son père, devenu l’un des chefs des insurgés, doit prendre, avec son fils, le chemin de l’exil en 1739. À Naples, le jeune Pascal acquiert une solide formation largement ouverte sur l’ « illuminismo » et, de retour dans l’île en avril 1755, l’homme assume les destinées d’une Corse indépendante, créant les structures d’un État qui s’effondre en 1769 sous les coups des armées de Louis XV.

 

L’Angleterre lui offre l’hospitalité mais, le 30 novembre 1789, la Constituante l’amnistie, d’autant plus que Paoli est largement favorable aux idées de la Révolution française. Le voici à nouveau sur le sol natal en juillet 1790 pour prendre la présidence du conseil général et le commandement de la garde nationale. Cependant, la radicalisation des événements l’inquiète, l’amène à prendre ses distances avec la Convention, pendant qu’il est la cible des jeunes Jacobins insulaires. En mai 1793, la rupture est consommée, qui débouchera sur l’éphémère royaume anglo - corse (juin 1794 - octobre 1796). Dès octobre 1795 d’ailleurs, en désaccord avec les orientations de plus en plus ouvertement contre-révolutionnaires du nouveau système, Paoli retourne à Londres pour y finir sa vie le 5 février 1807.

 

Par-delà ce bref résumé reste le mythe à multiples facettes qui prend corps dès le XVIIIe siècle. Il est tour à tour présenté comme le précurseur de la Révolution, le père de la Démocratie mais aussi, souvent par les mêmes, comme un tyran. Au XIXe siècle, il devient un des opérateurs symboliques de l’intégration de la Corse à la France, pendant que le Risorgimento italien s’en empare et le considère comme un maillon dans la chaîne des luttes qui mènent à l’unité de la péninsule.

 

Le fascisme mussolinien, bientôt relayé par les irrédentistes corses, en fait le symbole de l’italianité de l’île, voire un « grand ancêtre » du régime. Aujourd’hui, pour les nationalistes, il est le drapeau de l’anti-France, alors que la Résistance le brandissait comme le héros d’une Corse qui se veut française et républicaine.

 

Ange Rovere
agrégé d’histoire