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Jean-Jacques Olier

Paris, 20 septembre 1608 - 2 avril 1657

Jean-Jacques Olier, curé de Saint-Sulpice et fondateur du séminaire de Saint-Sulpice
estampe, Jean Boullanger, 1657
Versailles, châteaux de Versailles et de Trianon
© RMN/Gérard Blot

Né dans un hôtel du Marais, quatrième enfant d’un haut magistrat, destiné à l’Église, il reçut dès l’âge de douze ans des bénéfices ecclésiastiques et fut pressenti plus tard pour un évêché. Au départ rien ne laissait présager sa vie austère, son rayonnement spirituel et le durable souvenir qu’il laissa dans l’histoire religieuse en devenant le créateur du séminaire Saint-Sulpice, d’où sortirent tant d’évêques, et d’une compagnie de prêtres spécialisés dans la formation sacerdotale.

 

Jeune homme d’abord exubérant, agité et sensible aux vanités du siècle, il se « convertit » lors d’un séjour à Rome. Revenu en France, ordonné prêtre en 1633, il refuse toute promotion ecclésiastique et devient un obscur missionnaire rural, en Auvergne, puis dans les campagnes autour de Nantes et d’Amiens. Jusqu’à son installation à Vaugirard en 1641 il traverse des combats intérieurs, partagé qu’il est entre des expériences mystiques et le sentiment de sa « laideur » comme pécheur. Ses Mémoires rédigés plus tard témoigneront de ces crises durant lesquelles il se sentait en « obscurité » et « réprouvé de Dieu ».

 

Mais, conseillé par son directeur spirituel, Condren, il sort de ces impasses et découvre que sa vocation est de former des prêtres pour l’Église de France. Il ouvre un séminaire à Vaugirard et bientôt devient le curé de la vaste et populeuse paroisse située autour (1642). Dès lors la communauté de prêtres qui s’est agrégée à lui devient un modèle pour Paris, puis pour la province. Ce foyer de vie religieuse se dépense pour subvenir aux besoins à la fois spirituels et matériels de la paroisse. Plusieurs évêques demandent à la compagnie des Sulpiciens de créer des séminaires dans leurs diocèses. M. Olier sera lié aussi à la création de la première colonie de Montréal. En 1652, malade et à demi paralysé, il abandonne la direction de la paroisse Saint-Sulpice pour se consacrer uniquement au séminaire et à la rédaction d’ouvrages de spiritualité. Il meurt en 1657, à quarante-neuf ans.

 

Bien qu’il n’ait jamais été canonisé, il fut, dans la France d’alors, un de ceux qui marquèrent de leur empreinte « le siècle des saints » exalté par H. Bremond. Ses ouvrages, Catéchisme chrétien pour la vie intérieure, Introduction à la vie et aux vertus chrétiennes, Lettres spirituelles, Traité des saints ordres, enseignent le renoncement absolu à soi et l’anéantissement du baptisé qui veut parvenir à « la conformité de son intérieur » à « l’intérieur de Jésus ».

 

Jean Delumeau
membre de l’Institut
professeur honoraire au Collège de France
membre du Haut comité des célébrations nationales