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Sébastien Stoskopff

Strasbourg, 31 juillet 1597 - Idstein, 11 février 1657

La corbeille de verres
Strasbourg, musée de l’OEuvre Notre-Dame
© Musées de Strasbourg/A. Plisson

Né dans une famille protestante strasbourgeoise, Sébastien Stoskopff est envoyé en 1615 en apprentissage à Hanau, chez Daniel Soreau. À la mort de son maître, le jeune peintre dirige l’atelier. Après avoir cherché vainement à s’installer à Francfort, il se rend à Paris, ville qui exerçait alors un attrait particulier auprès des artistes allemands. Son séjour parisien est entrecoupé d’un voyage en Italie qui l’amène à Venise en 1629. Si la première partie de son séjour parisien est peu documentée, la seconde est en revanche mieux connue. Il habite alors dans le Marais, près de la rue Vieille-du-Temple, et connaît une notoriété certaine comme le suggère la présence de ses oeuvres dans les plus grandes collections de l’époque. Dès son arrivée à Paris, Sébastien Stoskopff oriente son art dans de nombreuses directions et aborde des thèmes aussi variés que les natures mortes de livres - la somptueuse Nature morte aux livres et à la chandelle peinte en 1625 et conservée à Rotterdam (musée Boymans van Beuningen) est une des premières du genre -, les représentations des cinq sens, de la vanité ; il crée aussi des « tables mises » et des cuisines très originales qui s’inscrivent parfaitement dans l’évolution de la production parisienne de Jacques Linard, Lubin Baugin et Louise Moillon avec lesquels il entretient des relations étroites. L’originalité des oeuvres de Stoskopff réside néanmoins dans
leur composition et dans le traitement particulier de la lumière.

 

En 1641, Sébastien Stoskopff est à nouveau à Strasbourg qui, relativement peu touchée par les troubles de la guerre de Trente Ans, est alors un centre artistique et intellectuel vivant et il y trouve rapidement sa place. Ses oeuvres sont marquées à la fois par la continuité et par l’innovation : les scènes de cuisine, les déjeuners sont toujours présents, de même que les vanités dont il donne avec la Grande Vanité (1641, Strasbourg, musée de l’OEuvre Notre-Dame) une interprétation magistrale. Mais des sujets nouveaux apparaissent : les orfèvreries et les corbeilles de verres, et de saisissants trompe-l’oeil. Il a comme clients des princes allemands réfugiés dans la capitale alsacienne ; c’est auprès de l’un d’eux, le comte Johannes de Nassau-Idstein qu’il meurt, sans doute assassiné dans des conditions obscures.

 

Michèle-Caroline Heck
professeur d’histoire de l’art moderne à l’université Paul Valéry -Montpellier III