Création de l'ordre des Arts et des Lettres

décret du 2 mai 1957

médaille de chevalier
collection générale de la Monnaie
© Monnaie de Paris, musée de la Monnaie

La IVe République, qui a multiplié les ordres ministériels, n’a pas oublié la culture. Par un décret du 2 mai 1957
était institué l’ordre des Arts et des Lettres, à l’instigation de Jacques Bordeneuve, secrétaire d’État aux arts et lettres, et de son ministre de tutelle René Billères.

 

L’ordre est destiné à récompenser les personnes qui se sont distinguées par leurs créations dans le domaine artistique ou littéraire ou par la contribution qu’elles ont apportée au rayonnement des arts et des lettres en France et dans le monde. Les deux promotions annuelles (1er janvier et 14 juillet) de chevaliers, d’officiers et de commandeurs sont préparées par le Conseil de l’Ordre que préside le ministre chargé de la culture.

 

Grâce au génie du grand ferronnier d’art Raymond Subes, les Arts et Lettres ont la plus belle décoration française. L’harmonieux ruban vert et blanc porte une croix à huit branches émaillées, serties d’une élégante arabesque.

 

L’ordre faillit pourtant ne jamais atteindre l’âge de raison. Il fut sauvé in extremis par Georges Pompidou et André Malraux lorsqu’en 1963, le général de Gaulle fit table rase des ordres ministériels pour créer le Mérite national. Grâce à la qualité de ses membres, et aussi en raison de l’effectif très restreint de ses contingents, l’ordre jouissait déjà d’un prestige immense.

 

Mais surtout, nos Arts et Lettres d’aujourd’hui perpétuent en réalité une vieille tradition française. Dès 1816, Louis XVIII destinait aux plus grands artistes, savants et lettrés l’ordre de Saint-Michel fondé en 1469. Et les noces des beaux-arts et des belles-lettres, que la calligraphie de Subes a si bien illustrées en enlaçant les deux lettres L et A au centre de l’insigne, ne sont-elles pas le coeur de l’humanisme, le legs de la Renaissance ? Si l’ordre des Arts et des Lettres a cinquante ans, l’esprit qui l’anime en a plus de cinq cents.

 

André Damien
membre de l’Institut
vice-président du Conseil de l’Ordre