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Lettre d'information

Décret fondant le ministère du travail et de la prévoyance sociale

25 avril 1906

Un semestre après le drame de Courrières et la dure répression de la grève générale des mines (1), Georges Clemenceau institue le ministère du travail et de la prévoyance sociale chargé, huit mois après l’adoption du premier projet de loi sur les retraites ouvrières, de coordonner l’altruisme d’État. Formé par le transfert de services des ministères du commerce et de l’industrie, de l’intérieur et des travaux publics (2), il comporte trois directions et constitue une innovation remarquable dans un pays où perdure le livret du travail.

Le socialiste indépendant René Viviani, avocat des cheminots et futur président du conseil, est ministre du travail durant quatre ans. Dans un pays qui ne compte que 750 000 syndiqués en 1905 (contre deux millions en Grande-Bretagne) et où le droit d’association est récent (1884), la direction du travail reprend les tâches de l’office du travail créé en 1891 et le contrôle des 123 inspecteurs du Travail. La direction de la mutualité et celle des assurances sociales et de la prévoyance ont vocation à dialoguer avec les bourses du travail.

En 1910, la promulgation du code du travail témoignera des progrès mais la loi sur les retraites ouvrières et paysannes sera critiquée par les syndicalistes, à cause du système de capitalisation et du seuil de 65 ans comme âge de la retraite.

 

1. Cf. supra l’article de Mme Diana Cooper-Richet.
2. Pour ce département, c’est le service des Mines qui change de tutelle ministérielle.

 

D.C.N.