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Marin Marais

Paris, 31 mai 1656 – 15 août 1728

Portrait du musicien par André Bouys
XVIIIe siècle
Paris, bibliothèque de l'Opéra
© Costa / Leemage

Fils d’un cordonnier du quartier de la rue Mouffetard, Marin Marais fut baptisé à Saint-Médard, le 31 mai 1656. Grâce à son oncle, Louis Marais, vicaire à Saint-Germain-l’Auxerrois, il bénéficia de 1667 à 1672, dans la maîtrise de cette autre paroisse parisienne, d’une première éducation musicale, avant de devenir l’un des meilleurs violistes de son temps. En six mois seulement, il aurait surpassé en virtuosité son maître, le fameux Sainte-Colombe. Ses remarquables compétences lui valurent d’entrer dès 1676 dans l’orchestre de l’Opéra, institution dirigée alors par le surintendant de la musique du roi, Jean-Baptiste Lully. Auprès de ce puissant protecteur, il ne tarda pas à être nommé en 1679 « ordinaire de la musique de la chambre du roi » et à compléter ses connaissances dans le domaine de la composition, s’imprégnant du beau style des ouvrages lyriques qu’il était appelé à interpréter.

 

Les tragédies en musique qu’il allait par la suite fournir pour enrichir ce répertoire dramatique prendront toutes pour modèles celles de Lully et de ses disciples : Alcide (1693), écrite en collaboration avec le fils de son illustre prédécesseur, Louis de Lully, puis Ariane et Bacchus (1696), son chef-d’œuvre Alcyone (1706), célèbre pour sa tempête, et Sémélé (1709). Marais se fit également connaître par ses trios (1692), parmi les premiers en France, et par plus de six cents pièces à une ou deux violes, qu’il publia dans cinq livres entre 1686 et 1725.

 

C’est à cette abondante production qu’il doit surtout aujourd’hui sa renommée. Il n’y excelle pas seulement dans la musique descriptive que viennent confirmer des titres évocateurs : Le Tourbillon, Le Labyrinthe, Cloche ou carillon, l’étonnant Tableau de l’opération de la taille, où est livré le détail d’une opération chirurgicale pour retirer un calcul. Il s’y révèle aussi un poète et un créateur d’une grande sensibilité quand il fait part dans ses « tombeaux » du souvenir de personnes disparues, de Sainte-Colombe, de Lully ou bien encore de « Marin le cadet », l’un des dix-neuf enfants qu’il aurait eus après son mariage en 1676 avec Catherine Damicourt. En cela, il apparaît comme l’une des figures les plus attachantes du règne de Louis XIV.

 

Jérôme de La Gorce
directeur de recherche au CNRS