André Jolivet

Paris, 8 août 1905 – 20 décembre 1974

André Jolivet, 1954
photographie studio Harcourt
© ministère de la culture – France

Né le 8 août 1905 dans une famille parisienne, André Jolivet aborda la musique assez tardivement. On découvre un jeune homme passionné par le théâtre, le violoncelle et la peinture qu’il pratique auprès du peintre cubiste Georges Valmier. La première grande rencontre musicale sera celle de Paul Le Flem qui conduit ses premiers pas de compositeur puis lui fait rencontrer en 1929 Edgard Varèse. Celui-ci entame avec Jolivet une correspondance où il se livre avec une totale sincérité et qui durera jusqu’à sa mort. En 1935, en écrivant Mana, œuvre pour piano inspirée par des objets fétiches donnés par Varèse, Jolivet signe un véritable manifeste révolutionnaire. Il se joint aux compositeurs qui veulent penser une musique nouvelle, d’abord au sein de la Spirale puis en formant avec Olivier Messiaen, Yves Baudrier et Daniel-Lesur le groupe Jeune France. Ils se réapproprient les références aux musiques médiévales et extra-européennes, tout en assignant à la musique une valeur humaniste fondamentale. La Deuxième Guerre mondiale inspire à Jolivet, lui-même combattant, des œuvres d’une haute conception spirituelle.De 1945 à 1959, il devient directeur de la musique de la Comédie-Française où il fait revivre les musiques de Lully et conçoit des musiques de scène qui féconderont sa production musicale. Sa carrière de chef d’orchestre l’entraîne dans le monde entier, notamment au Japon, dans les pays de l’Est, aux États-Unis et au Mexique. En 1966, il succède à Darius Milhaud comme professeur de composition au Conservatoire de Paris. Avec un catalogue de plus de deux cents œuvres, Jolivet a abordé tous les genres – la symphonie, les œuvres pour chœur et orchestre, la musique de chambre, le ballet – avec une prédilection pour la flûte à laquelle il destine un chef-d’œuvre : les Cinq incantations (1936). La musique pour soliste et orchestre, composée dans les années 1950-1967, marque le public par sa puissance et son originalité et inspire de nombreuses chorégraphies.

 

André Jolivet laisse l’image d’un esprit libre, indépendant des modes, profondément convaincu de la fonction universelle et transcendante de l’art.

 

Catherine Massip
conservateur général du patrimoine
directeur du département de la musique
Bibliothèque nationale de France